J’ai regardé mardi 22 mars, journée mondiale de l’eau, le reportage sur Arte : «Water Makes Money» et, comme tout le monde, je ne peux rester indifférent à ce qui a été dit.
Si je ne peux que m’indigner des pratiques malhonnêtes utilisées par certains ce ne sera pas le sujet principal que je vais traiter d’autant que j’ai une pensée pour tous les salariés de ces multinationales qui pour la plupart font leur travail honnêtement.
La question, que je souhaite posée est la suivante : comment veut-on gérer notre eau, ce bien si précieux ? Souhaitons nous rester dépendants de quelques majors en position de quasi monopole ou de la décision de quelques élus (car la gestion en régie apporte aussi son lot de mauvaise surprise) ou souhaitons nous maîtriser notre rapport à cette ressource ?
Pour ma part, j’ose imaginer qu’après des années de gestion d’une eau «trop» abondante, nous allons, maintenant que nous savons que la ressource n’est pas illimitée, changer notre fusil d’épaules et gérer l’eau comme nous devrions gérer toutes les matières premières : avec intelligence.
Prenons un simple exemple mais explicite : faisons-nous rouler les poids lourds avec du kérosène? Bien sûr que non, du gasoil suffit. Pourquoi alors, utilisons-nous de l’eau potable pour laver ces mêmes pois lourds. L’eau potable, si complexe à fabriquer ne doit-elle pas être réservée aux applications alimentaires, médicales et corporelles.
Bien sûr, ce n’est pas toujours aussi simple, mais vous êtes vous déjà posé la question suivante :
Est-ce que ma consommation d’eau est optimisée?
Il ne s’agit pas de poser 2 limiteurs de débit et 3 chasses d’eau nouvelle génération pour répondre positivement à cette question. Ces premières étapes sont utiles mais il faut aller plus loin :
- De quelle qualité d’eau ai-je besoin en fonction de mes utilisations ?
- Quelles sont mes sources d’approvisionnement potentielles (eau de ville, eau de pluie, eau de forage, eau de rivière, recyclage d’eau, …) ?
- Comment puis-je limiter mes rejets polluants (épuration sur site, recyclage, …) ?
- Comment puis-je limiter l’impact de mes constructions sur le cycle de l’eau ?
…
C’est en entrant dans cette démarche de gestion globale de l’eau que nous pourrons avoir un réel impact environnemental et financier. Chaque m3 d’eau non acheté et chaque m3 d’eau non rejeté vers les STEP (station d’épuration) entraîne un gain financier immédiat pour nous…mais au détriment de quelques uns.
Est-ce pour satisfaire ces quelques uns que l’on ne parle que si peu de gestion durable de l’eau aujourd’hui en France?
Dans le monde compliqué dans lequel nous vivons, c’est bon de trouver des solutions simples.